Mobilité durable : 7 solutions repérées dans les collectivités

Jeudi 7 mars 2024
Mobilité durable : 7 solutions repérées dans les collectivités

La mobilité durable est une notion qui est apparue dans le cadre du concept de développement durable. Elle consiste à concevoir et mettre en place une nouvelle mobilité sur les territoires dans un triple objectif :

  • Environnemental : réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution en encourageant les modes de déplacements propres, les mobilités douces (vélo, marche, véhicules électriques...)
  • Social : optimiser les temps de déplacement des usagers et améliorer la qualité de vie dans les espaces urbains notamment
  • Economique : faciliter le contrôle du respect des règles de stationnement et diminuer les coûts de déplacements pour les citoyens

Depuis plusieurs années, les collectivités françaises ont pris en compte les enjeux de la mobilité durable et elles sont de plus en plus nombreuses à enclencher leur transformation. Voici un tour d’horizon de quelques-uns de ces projets. 

  1. Lyon et les parkings relais

La ville de Lyon a identifié le stationnement comme l'un de ses chantiers prioritaires. En tête de liste, le développement des parkings relais en périphérie urbaine. L'utilisation des transports en commun est encouragée conjointement au développement de larges zones de stationnement aux portes de la ville. L’objectif ? Créer une métropole offrant une qualité de vie améliorée pour tous ses citoyens, qu'ils y résident en permanence ou qu'ils soient de passage. Aujourd’hui, la ville compte 23 parcs relais sur son réseau de transports, répartis sur l’ensemble de l’agglomération. Son prochain projet en date concerne l’ouverture d’un parking relais de 420 places à la gare de Saint-Germain Mont-d’Or.

Le résultat direct d’une telle mesure, c’est la réduction du flux de véhicules dans le centre. Grâce à la création des parkings relais, le centre-ville est désengorgé, notamment aux heures de pointe. Avec les 21 parcs relais actuels, ce sont près de 7 100 voitures qui peuvent se garer et donc tout autant qui ne se circuleront pas dans la ville. 

  1. Rouen et Béthune misent sur les mobilités douces

À Rouen, l’enjeu principal consiste à réduire la dépendance envers les véhicules motorisés, tout en assurant une continuité totale de déplacement. Pour cela, l'accent est mis sur les mobilités douces, avec un plan d’action promouvant la pratique du vélo et de la marche. Cette démarche s’inscrit dans le mouvement initié par le Gouvernement avec la reconduction de son plan « Vélo et marche ».  Dans la même optique, la ville de Béthune a acquis des véhicules et des vélos électriques pour les services municipaux, et mis en place une navette gratuite entre la gare et le centre-ville, ainsi qu'une navette destinée aux seniors. Un projet de réaménagement du pôle gare en un pôle d'échanges multimodal est également en cours.

Résultat, la démarche de ces deux villes est éminemment inclusive. Elle répond aux besoins de l'ensemble des citoyens tout en réduisant l'impact environnemental des déplacements. Que ce soit à travers l'offre de navettes gratuites ou le développement de l'autopartage, l'objectif reste le même : permettre à tous d'accéder facilement et durablement à la ville.

 

Lire aussi : Mobilité urbaine : que promet le plan de mobilités actives 2022-2027 ?

  1. Issy-Les-Moulineaux et les parkings connectés

À Issy-Les-Moulineaux, on mise sur l’innovation pour résoudre les défis de la mobilité urbaine. Un des projets phares de la ville est l’introduction de parkings connectés pour optimiser l’usage des espaces de stationnement.  Placés sur chaque place de parking, des capteurs détectent la présence d’un véhicule et transmettent l’information à une plateforme d’analyse. Celle-ci est reliée à des dispositifs d’affichage qui indiquent aux automobilistes le nombre de places disponibles restantes.

Le premier bénéfice de cette initiative : réduire le temps passé à chercher une place, et donc diminuer le trafic urbain, avec un impact direct sur les émissions de gaz à effet de serre.  De plus, les données collectées permettent de suivre les habitudes de fréquentation de chaque parking. Ainsi, la collectivité bénéficie d’un outil de gestion des espaces de stationnement qui lui permet de les aménager selon les besoins réels des usagers. 

  1. Nice et l’autopartage

L’arme de la ville de Nice pour promouvoir la mobilité durable : l’autopartage. Le principe est simple : il s’agit de mettre à disposition des véhicules, qui peuvent être réservés sur une base temporaire. L’autopartage offre une alternative flexible à la possession d'un véhicule personnel, permettant aux résidents et aux visiteurs d’en utiliser un uniquement lorsqu'ils en ont besoin. Ce service est rendu possible grâce à une plateforme numérique qui facilite la réservation, l'accès et le paiement des voitures partagés.

Le service d'autopartage de Nice, opéré par Auto Bleue, est particulièrement axé sur les véhicules électriques, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la ville. Avec des stations d’autopartage réparties dans Nice, ainsi que dans les communes voisines de Saint-Laurent-du-Var et Carros, l’initiative favorise non seulement la réduction du trafic et de la pollution, mais également une culture de mobilité plus responsable et collaborative.

  1. Evry-Courcouronnes et les feux de circulation intelligents

Evry-Courcouronnes optimise la gestion du trafic grâce au déploiement d'un système de feux tricolores intelligents. Initié le 13 juillet dernier, ce projet, piloté par l'entreprise Flaggr, utilise l'intelligence artificielle pour adapter le cycle des feux à la densité du trafic en temps réel. Ainsi, les feux peuvent passer au vert lorsque la circulation le permet, optimisant le flux de trafic et réduisant les temps d'attente.

Là encore, l’intérêt est immédiat : une circulation plus fluide, qui contribue directement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En outre, une gestion efficace des feux de circulation peut améliorer la sécurité routière, en réduisant les risques d'accidents aux intersections.

  1. Grenoble et la Zone à Faibles Émissions

Grenoble a mis en place une Zone à Faibles Émissions (ZFE) pour réduire la pollution. Encadrées par la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015, les ZFE vise à interdire l’accès aux véhicules les plus polluants sur des plages horaires déterminées.  Initialement en centre-ville, la circulation des véhicules les plus polluants est limitée en ZFE, notamment pour respecter les normes de qualité de l'air fixées par l'Union européenne. En février 2020, elle a été étendue à 27 communes de la métropole grenobloise (excluant les voies rapides urbaines) puis en juillet 2023, elle a été étendue aux véhicules particuliers sur 13 communes. Ainsi, depuis cette période, les véhicules classés Crit’air 5 ainsi que ceux non classés sur ces communes sont proscrits de la circulation. Depuis le 1er janvier 2024, cette restriction s'applique également aux véhicules classés Crit’air 4.

Cette mesure peut ainsi avoir un impact concret sur la qualité de l’air de la métropole. L'instauration de ZFE pourrait en effet réduire de 13 % les émissions annuelles de gaz à effet de serre émanant des véhicules motorisés entre 2022 et 2025.

Lire aussi : ZFE : élus, quels changements pour les citoyens et quels impacts pour les collectivités ?

  1. Strasbourg et la Mobilité Cyclable

Strasbourg est souvent citée comme référence en matière de ville cyclable en France, avec 560 kilomètres de pistes cyclables et 16% de ses habitants qui se rendent au travail à vélo.

Pour répondre à la fréquentation toujours plus importante des aménagements cyclables de son territoire, la ville a lancé, en 2013, le projet Vélostras. Ce réseau express cyclable comprenant dix lignes radiales et deux rocades a pour objectif de mailler tout le territoire en reliant les communes entre elles sans passer par le centre-ville de Strasbourg​​. Il s’étend sur plus de 130 kilomètres au total et fait l'objet d'améliorations continues de ses itinéraires.

Ce réseau encourage la pratique du vélo en première et seconde couronne sur des déplacements supérieurs à 5 kilomètres.

Des villes en pleine transition

Ces initiatives de mobilité durable dans les collectivités reflètent la prise de conscience croissante des enjeux environnementaux par les décideurs et traduisent la mise en œuvre de la transition écologique sur le territoire français. Cette transition est aujourd’hui rendue possible par la technologie IoT qui permet de récolter, de visualiser et de cartographier les flux sur les territoires ainsi que les habitudes de déplacements des usagers.

Lire aussi : Circulation et stationnement : l’IoT au service de la mobilité

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