Smart city : comment remporter l’adhésion des citoyens ?

Jeudi 16 février 2023
Smart city : comment remporter l’adhésion des citoyens ?

Il ne suffit pas de convaincre les investisseurs pour faire fonctionner un projet de smart city. Encore faut-il que les citoyens y trouvent un intérêt, adhèrent à l’idée et soutiennent les élus. Comment générer cette culture de l’engagement citoyen lorsque vous ambitionnez de rendre votre ville plus intelligente ? Autrement dit, comment rendre les citoyens acteurs de la smart city ? Mouvement des capteurs citoyens, civic tech, habitants crowdsourceurs… Collectivités locales, découvrez comment remporter l’adhésion des citoyens à votre projet !

Application citoyenne : un moyen d’expression pour les citoyens et de communication pour les collectivités locales

La communication depuis une application citoyenne est à double sens. Elle facilite la descente et la remontée d’informations entre la collectivité et les habitants. Près d’un quart des villes françaises ont d’ailleurs développé leur application mobile citoyenne, en plus de leur site internet, pour échanger rapidement et sans friction, avec leurs administrés. Selon un baromètre Epiceum & Harris Interactive de la communication locale de 2020, près d’un tiers de ces derniers utilisent déjà ce service. Les raisons d’un tel engouement ? L’information est communiquée en temps réel. Il peut s’agir de faire remonter des dysfonctionnements constatés (plan de circulation à repenser, éclairage public défectueux, fuites d’eau sur des canalisations publiques repérées…) ou de donner la parole aux administrés qui, grâce à des questionnaires de satisfaction ou des sondages, peuvent donner leurs avis sur les politiques engagées par leur ville. A titre d’exemple, la mairie de Paris avait envoyé en 2017 un questionnaire auprès des cyclistes sur leurs préférences en termes de pistes cyclables. Les réponses de plus de 7 000 participants ont permis de prioriser certaines propositions d’aménagement urbain et de soumettre à leur approbation, l’ensemble des axes du plan vélo imaginé par la ville.

Lire aussi : Smart city : comment défendre son projet

Du citoyen capteur aux civic tech : comment capitaliser sur les citoyens pour promouvoir et développer les projets de smart city ?

Le mouvement des capteurs citoyens et le crowdsourcing

Ce mouvement repose sur la captation par les citoyens de données indépendantes, différemment qualifiées et géolocalisées. Il leur permet d’argumenter sur un sujet auprès des politiques, grâce à l’analyse de la data. Au-delà de simplement signaler des problèmes constatés dans l’espace public depuis des applications comme FixMyStreet, le mouvement des capteurs citoyens s’inscrit dans un processus de veille collective que les villes ont tout intérêt à analyser pour comprendre les dynamiques urbaines. Des grandes métropoles telles que Paris (Île-de-France Mobiliés) et Toulouse y ont recouru pour faire participer les cyclistes à leurs projets de recensement et d’amélioration des voies réservées aux vélo. Il ne s’agit pas simplement de récupérer de la donnée brute, mais bien d’impliquer les citoyens dans un projet collectif.

En plus de l’installation de capteurs de trafic, les collectivités ont fait appel au crowdsourcing pour collecter de la donnée. De consommateurs de data, les administrés deviennent producteurs de data facilement depuis leurs téléphones. La méthode sert par exemple à mesurer la qualité de l’air et à vérifier la pollution des villes. Des cyclistes récupèrent des capteurs d’air qu’ils activent lors de leurs trajets urbains. La collecte et l’assemblage des données permettent de cartographier les parcours où la qualité de l’air est la plus respirable et d’adapter au mieux les pistes cyclables se trouvant dessus. Outre les mesures relatives à la pollution de l’air dans les villes, le crowdsourcing sert également à analyser les plans de circulation. Ainsi, l’application JungleBus offre une cartographie de l’offre de transport à l’échelle du territoire pour comprendre les moyens mis à disposition des voyageurs, les optimiser, identifier les nouveaux besoins et adapter les infrastructures. Ce sont les utilisateurs de l’application eux-mêmes qui enrichissent la plateforme de données au service de la collectivité.

L’open data

L’open data est rendue obligatoire dans les communes de plus de 3 000 habitants. 64 % des villes intelligentes françaises ont investi ce terrain pour ouvrir les données de la ville à la société civile (données publiques relatives à l’environnement, la mobilité ou encore à la démographique). Du point de vue citoyen, l’open data offre de nouveaux moyens d’agir en faveur d’une démocratie plus participative. Pour Romain Talès, responsable du recensement des données publiques au sein d’Etalab, la mission du SGMAP en charge des données ouvertes et du Gouvernement ouvert, « la donnée a l’avantage d’être objective et factuelle ». Elle permet d’étayer des points de vue lors de débats contradictoires ou de sujets impactant les citoyens.

La civic tech

La civic tech désigne les outils numériques au service des citoyens qui permettent d’améliorer leur participation à la construction de projets dans leur ville. Terme assez fourre-tout, il englobe les outils déployés par les élus pour rendre leur politique publique plus transparente – on parle de gov tech – mais également les plateformes de mobilisation citoyenne et de pétitions en ligne. Les collectivités sont assez friandes de ce type de dispositif pour engager leurs administrés. Certains remettent pourtant en cause l’utilité de ces outils, arguant qu’il s’agit surtout d’outils de délation (application de signalement par exemple) sans réel impact sur les décisions stratégiques pour la ville.

Projet de smart city : élus, préparez le terrain pour créer une culture de l’engagement dans votre ville

L’engagement citoyen est la clé pour faire aboutir un projet de smart city. Pour cela, rien ne sert de s’éparpiller et de noyer les usagers avec une multitude de projets.

Premièrement, choisissez un sujet qui répondra au plus grand nombre (espace vert, circulation, gestion des déchets…). Vous serez sûrs d’obtenir le soutien de citoyens motivés pour vous accompagner dans votre projet. Deuxièmement, organisez des rendez-vous (physiques ou digitaux) avec eux. L’objectif de ces rencontres repose sur la connaissance que vous aurez de leurs habitudes de participation. Par exemple, vous pourrez atteindre des personnes éloignées du numérique mais engagées citoyennement. Et enfin troisièmement, vous serez en mesure de construire une stratégie de communication tournée vers une démarche de participation citoyenne. Affiche, réseaux sociaux, vidéo… utilisez chaque dispositif pour communiquer sur votre initiative de participation citoyenne (civic tech, application citoyenne, capteurs citoyens).

Smart building et collectivités territoriales : 4 bonnes pratiques

Bâtiments intelligents

Le ministère de la Transition écologique définit un projet de smart building comme « l’intégration de solutions actives et passives de gestion énergétique, visant à optimiser la consommation, mais…

Bâtiments intelligents

Quels sont les enjeux RSE des bâtiments connectés publics ?

Bâtiments intelligents

Selon un rapport de Fortune Business Insights, le marché des smart building en Europe devrait dépasser les 18 milliards de dollars d’ici 2030. Piloter les dépenses énergétiques, prévenir les…

Bâtiments intelligents

Attractivité : 5 pistes pour tirer des bénéfices du smart territoire

Bâtiments intelligents

Un territoire intelligent n’est pas seulement un espace connecté. C’est une ville qui fait usage de solutions technologiques et numériques pour renforcer la qualité de vie de ses citoyens,…

Bâtiments intelligents